Albert Einstein
Il publie sa
théorie de la relativité restreinte
en 1905, et sa théorie
de la gravitation dite relativité générale
en 1915. Il contribue
largement au développement de la mécanique quantique
et de la cosmologie, et reçoit le prix Nobel de physique
de 1921 pour son explication de l’effet photoélectrique2. Son travail est notamment connu du grand public pour
l’équation E=mc2, qui établit une équivalence entre la matière et l’énergie
d’un système.
Il est aujourd'hui considéré comme l'un des plus grands
scientifiques de l'histoire, et sa renommée
dépasse largement le milieu
scientifique. Il est la personnalité du XXe siècle selon
l'hebdomadaire
Biographie
Albert Einstein, figure emblématique de la ville d’Ulm dont le portrait immortalise la célèbre photographie du physicien
tirant la langue, prise le 14 mars 1951, par le photographe Arthur Sasse (en)3.
Jeunesse Son père, Hermann Einstein, est né le 30 août 1847 à Buchau, et meurt le 10 octobre 1902 à Milan. Il épouse Pauline Koch
(1858-1920) le 8 août 1876. Trois ans plus tard, le 14 mars 1879, Albert Einstein naît dans leur appartement à Ulm en Allemagne ; c’est leur
premier enfant. Les Einstein sont des juifs non-pratiquants. Son intérêt pour
la science est éveillé dans son enfance par une boussole, à l'âge de cinq ans,
et le livre de La Petite Bible de la géométrie, à treize ans4.
Formation
Einstein présente un parcours scolaire relativement
atypique par rapport aux éminents scientifiques qui furent plus tard ses
contemporains. Très tôt, le jeune homme s'insurge du pouvoir arbitraire exercé
par les enseignants, et est donc souvent dépeint comme un mauvais élément très
étourdi par ces derniers. Il éprouve jusque tard dans son enfance des
difficultés pour s'exprimerN 1. Elles sont potentiellement dues à la dyslexie dont il souffrait enfant6.
Il commence sa scolarité au Luitpold Gymnasium de
Munich et en est renvoyé à l’âge de 15 ans (son professeur de grec jugeant sa
présence incompatible avec la stricte discipline y régnant à l’époqueN 2). Il a d’excellents résultats en mathématiques, mais refuse de s’instruire en biologie et en sciences humaines,
car il ne perçoit pas l’intérêt d’apprendre des disciplines qu’il estime déjà
largement explorées. Il considère alors la science comme le fruit de la raison humaine et de la réflexion[réf. souhaitée]. Il demande à son père de lui donner la nationalité suisse,
afin de rejoindre sa
famille, émigrée à Pavie, en Italie.
À 16 ans, il décide d'intégrer l'École polytechnique fédérale de
Zurich (à laquelle on peut accéder sans
avoir de bac). Il rate cependant l'examen d'entrée. Les examinateurs, ayant
découvert son potentiel, l'incitent à se présenter une deuxième fois. Il entre
alors à l’École Cantonale d'Aarau en Suisse, et y passe une année pour mieux se préparer au prochain
examen. Il y trouve une atmosphère plus ouverte et favorable à son
apprentissage, les étudiants étant davantage incités à penser par eux-mêmes
qu'à réciter des leçons apprises8. En 1896, il réussit l'examen, et intègre donc l'école,
où il se lie d’amitié avec le mathématicien Marcel Grossmann, qui l’aidera plus tard en géométrie non euclidienne. Il y rencontre aussi Mileva Maric, sa première épouse. Il obtient de justesse son diplôme
en 1900, s'avouant, dans son autobiographie, « incapable de
suivre les cours, de prendre des notes et de les travailler de façon scolaire »9.
Au cours de cette période, il approfondit ses
connaissances en autodidacte par la lecture de
livres de référence comme ceux de Ludwig Boltzmann, de Helmholtz et de Walther Hermann
Nernst. Son ami Michele Besso l’initie aux idées de la Mécanique d'Ernst Mach. Selon plusieurs biographies, cette période de 1900 à 1902 est marquée par la précarité de sa situation : il
postule à de nombreux emplois sans être accepté. La misère d’Albert Einstein
préoccupe son père, qui tente en vain de lui trouver un poste. Albert se
résigne alors à s’éloigner du milieu universitaire pour trouver un emploi dans
l’administration.
Carrière
En 1901, il publie son premier article scientifique dans les Annalen der Physik, et cet article est dédié à ses recherches sur la capillarité.
À la fin de l’année 1902, naît le premier des enfants d’Albert Einstein, Lieserl. Son
existence a longtemps été ignorée des historiens, et il n’existe aucune
information connue sur son devenir. Albert et Mileva se marient en 1903, son père lui ayant finalement donné sa permission sur
son lit de mort. En 1904, le couple donne naissance à Hans-Albert, puis
en 1910 naît Eduard Einstein.
En juin 1902, il est embauché à l’Office des Brevets10 de Berne11, ce qui lui permet de vivre correctement tout en
poursuivant ses travaux. Il emménage entre 1903 et 1905 dans l'actuelle maison d'Einstein,
49 Kramgasse. Durant cette période, il fonde l’Académie Olympia
avec Conrad Habicht et Maurice Solovine, qui traduira plus tard ses œuvres en français. Ce
cercle de discussion se réunit à la maison d'Einstein, et organise des balades
en montagne. Einstein partage le résultat de ses travaux avec Conrad Habicht et
lui envoie les articles qu’il publie pendant l’année 1905 (souvent
appelée son annus mirabilis) concernant les fondements de la relativité restreinte,
l’hypothèse des quanta
de lumière et la théorie du mouvement brownien,
qui ouvrent de nouvelles voies dans la recherche en physique nucléaire,
mécanique céleste,
etc. L’article portant sur le mouvement brownien prend appui sur des travaux
qu’Einstein développe plus tard, et qui aboutissent à sa thèse, intitulée Eine neue Bestimmung der Moleküldimensionen (« Une nouvelle détermination des dimensions
moléculaires », en allemand), et à son diplôme de doctorat le 15 janvier 19069.
En 1909, Albert Einstein est reconnu par ses pairs, en
particulier Planck et Nernst, qui souhaitent l’inviter à l’université de Berlin. Le 9 juillet 1909, il est distingué docteur honoris causa par l’université de Genève9. Les offres d’emplois se multiplient. En 1911, il est invité au premier Congrès Solvay, en Belgique, qui rassemble les scientifiques les plus
connus. Il y rencontre entre autres Marie Curie, Max Planck et Paul Langevin. En 1913, Albert est nommé à l’Académie des sciences de Prusse.
En 1914, il déménage en Allemagne et habite à Berlin de nombreuses années. Il devient membre de l'Académie royale des sciences et des
lettres de Berlin. Les propositions
d’emploi qu’il reçoit lui permettent de se consacrer tout entier à ses travaux
de recherche. Mileva et Albert se séparent, et ce dernier commence à fréquenter
une cousine berlinoise, Elsa. À l’ouverture du conflit de la Première Guerre
mondiale, il déclare ses opinions pacifistes. La ville de Berlin s’était
engagée à lui fournir une maison, mais Albert Einstein obtient finalement un
terrain sur lequel il fait construire une maison à ses frais. Situé à Caputh,
près du lac de Havelsee, l’endroit est calme et lui permet de faire fréquemment
de la voile.
En 1916, il publie un livre présentant sa théorie de la
gravitation, connue aujourd’hui sous le nom de relativité générale.
En 1919, Arthur Eddington réalise la mesure de la déviation que la lumière d’une
étoile subit à proximité du Soleil, cette déviation étant une des prévisions
découlant de cette théorie. Cet événement est médiatisé, et Einstein entreprend
à partir de 1920 de nombreux voyages à travers le monde. En 1925, il est lauréat de la médaille Copley, et
en 1928 il est nommé président de la Ligue des Droits de l’homme.
Il participe en 1928 au premier cours universitaire de Davos, avec de nombreux autres intellectuels français et allemands.
En 1935, il devient lauréat de la médaille Franklin.
La situation s’assombrit en Allemagne dans les années 1920, et il subit des attaques visant ses origines juives et ses opinions pacifistes. Sa sécurité est menacée par la montée des mouvements
nationalistes, dont celle du parti nazi. Peu après l’arrivée d’Hitler au pouvoir, au début de 1933, il apprend que sa maison
de Caputh a été pillée par les nazis, et il décide de ne plus revenir en
Allemagne. Après un court séjour sur la côte belge, il s’installe aux États-Unis, où il travaille à l’Institute for Advanced Study de Princeton. Ses
recherches visent à élaborer une théorie unifiant la gravitation et
l’électromagnétisme, mais sans succès, ce qui le détourne peut-être d’autres
recherches dans des domaines plus fructueux.
Le 2 août 1939, sous la pression d'Eugene Wigner et de Leó Szilárd, physiciens venus d'Allemagne, il rédige une lettre à Roosevelt, qui
contribue à enclencher le projet Manhattan12.
Son fils Eduard, atteint d’une possible schizophrénie, passe la majeure partie de sa vie dans une clinique en
Suisse, et son autre fils Hans-Albert devient ingénieur en Californie.
Mort
Einstein meurt le 18 avril 1955 d’une rupture
d’anévrisme. Une étude réalisée en 2013
sur son cerveau révèle tout au plus une hyperconnexion entre les deux
hémisphères, ce qui est traditionnellement preuve d'une grande intelligence13. Ses cendres sont éparpillées dans un lieu tenu secret,
conformément à ses dernières volontés. Mais, en dépit de son testament, son
cerveau et ses yeux ont été prélevés, le premier par le médecin légiste ayant
effectué l'autopsie, les seconds par son ophtalmologiste